Il y a des moments dans la vie où l'on sent, où l'on sait pertinemment qu'on est en train de vivre quelque chose de très spécial.
Cela se passe ce matin, à mon travail, travail rendu agréable grâce à ces gens qui parfois sortent de leur quotidien, de leur ordinaire pour me faire partager une anécdote, une histoire, me faire passer un message...
Cette dame - là, on la croit tout droit sorti d'un roman de Daniel Penac, irréelle, le sourire aux lèvres, pétillante, vivante, guillerette, toujours en train de me dire merci, pour mes services (de rien je ne fais que mon travail) mais surtout pour mon sourire et mon bon coeur.
Et c'est justement pour cette dernière raison que cette dame m'a parlé de sa fille.
Je ne sais pourquoi. Mais elle avait envie de m'en parler, elle n'était triste que dans son coeur, et le sourire aux lèvres tout le long de son récit elle a gardé.
Elle m'a choisit, pour me parler de Sonia, sa fille décédée des suites d'un accident de voiture à 18 ans, il y a de ça 7 ans. Ce qui fait qu'elle aurait à peu près mon âge.
Elle n'était pas là pour se faire plaindre que la vie est dure. Non : elle voulait me parler d'elle. Juste ça.
Aussi me faire comprendre que la vie est courte, qu'on ne sait pas quand elle s'arrête, et que comme je le répète sans cesse, tout est écrit : MAKTUB !
Si elle garde ses larmes à l'intérieur, c'est qu'elle sait que ça devait se passer ainsi. Une succession de coïncidences (qui n'en sont pas !) qui font que Sonia ne devait pas aller à cette fête, mais y est quand même allée, qu'elle a changé de voiture à la dernière minute, que sur 5 personnes elle seule n'a pas survécu !
Quand la vie, le destin ou Dieu décide, il en est ainsi, c'est écrit. Et tout ne tient alors qu'à un fil.
Ce récit m'a ému, peut être parce qu'il m'a fait pensé à un être cher aussi diparu lors d'un accident de la route. Un point commun me relie à cette femme.
Ce petit bout de femme généreuse, qui a eu envie de partager ce petit quart d'heure de grande émotion, qui m'a tenu les mains chaleureusement, le regard brillant tout rempli d'affection envers moi, envers elle, a retenu tout mon attention.
Des mots et des gestes simples qui relient les gens entre eux, qui les rendent enfin humains.
On est toujours automatisés, robotisés, dans les commerces c'est Bonjour, merci, au revoir, on s'en fout de tout le monde, on a pas le temps puisqu'on est toujours pressés !!! pressés de quoi on n'en sait rien mais c'est comme ça !!! Mais là : tout change.
Les rapports humains prennent une autre dimension, malgré nos religions différentes, nos croyances à cette femme et moi sont les mêmes.
Cet instant m'a ému, je ne te connais pas Sonia, mais j'ai une grande et chaleureuse pensée pour toi, je sais que tu veilles sur elle. Je ne te connais pas mais d'écrire ça sur toi me donne les larmes aux yeux.
Je sais qu'une fois partis, ils veillent sur nous, ce sont nos protecteurs, nos anges - gardiens, mon étoile, mon guide...la lumière qui guide mes pas.
On ne dirait pas, mais il m'arrive de dire des choses sensées, et même spirituelles, parce que tout simplement j'y crois.
Il y a des moments comme ça dans ma vie que je classe dans "exceptionnel", celui - ci en fait partie.
INCH ALLAH
